LE DOCTEUR BACH

 

En quelques années, les Élixirs Floraux de Bach  sont devenus des incontournables de la pharmacopée dite «complémentaire». Entre naturopathie et homéopathie, ces macérations alcooliques de plantes sont proposées à la vente en tant que pharmacopée «alternative» et complément de bien-être dans les pharmacies, mais également dans les magasins diététiques ou distribuant des produits dits bio. Ces Élixirs, appelés parfois simplement Fleurs de Bach ou Remèdes de Bach, représentent un potentiel économique indéniable inversement corrélé à leur potentiel thérapeutique.

Le mythe fondateur

 

 Edward Bach, né en 1886 à Moseley, près de Birmingham en Angleterre. Bach, décrit comme un être bon, pur, d’une rare sensibilité et endossant une mission de salut public, cherche à élaborer une médecine d’un genre nouveau. Il obtient en 1912 un double diplôme au Royal College of Surgery et au Royal College of Physicians, puis le diplôme de médecin et de chirurgien de l’University College Hospital, et enfin celui de Santé Publique de Cambridge en 1914. Suite à une guérison prétendue miraculeuse, - il se rétablit d’un coma doublé d’une tumeur de la rate par sa seule opiniâtreté et ses forces spirituelles -, il commence à bâtir une interprétation spiritualo-somatique des maladies.

 

En 1919, fasciné par l’homéopathie, il entre au London Homœopathic Hospital et se consacre à l’élaboration de ce qu’il appellera ensuite les sept nosodes de Bach, vaccins homéopathiques créés à partir d’excrétions et de secrétions infectées (fèces, urine, pus, sang, salive, liquide céphalo-rachidien, tissu d’organe nécrosé) administrés par voie buccale et destinés à purger les malades de l’un des sept groupes de germes intestinaux qu’il avait isolés. Progressivement, superposant les principes homéopathiques de Hahnemann et ses nombreuses intuitions, Bach se convainc alors qu’il existe une corrélation entre la personnalité de ses patients et les bactéries pathogènes qui se développent dans leurs intestins, et son adhésion à la pensée homéopathique l’amène, par analogie, à la conclusion suivante : c’est la personnalité qui fait la maladie.

 

 

 Le Dr Bach découpe sept couples d’états psychologiques « négatifs/positifs », dont il corrèle le penchant négatif avec une essence florale issue des végétaux de son bocage, ceci en vertu de deux raisons : primo, la sommité florale contiendrait les principes actifs de la plante et regorgerait de propriétés curatives, émanant de la  force vitale naturelle ; secundo, les pétales auraient des qualités énergétiques qui résonnent avec la sensibilité des gens, et par conséquent soigneraient, sur un plan énergétique , l’état psychique négatif correspondant. De façon très claire, l’objectif de Bach est de parvenir à prescrire des fleurs en se fiant uniquement au caractère de ses patients, sans avoir recours à l’identification des bactéries infectieuses.

 

 

 Le Dr Bach quitte Londres en 1930 pour s’installer au cœur du pays de Galles, dans le Norfolk, près de Cromer, à  la recherche de ces essences florales. Il distingue d’abord six essences florales. Puis il isole six autres simples qui, associés aux précédentes, formeront les célèbres douze guérisseurs : l’Impatiente, la Muscade, la Clématite, l’Olivier, la Vigne, l’Aigremoine, la Chicorée, la Centaurée, le Plumbago, la Gentiane, l’Hélianthème et l’Alène. Il complète sa gamme avec quatre aides contre les états persistants : Ajonc, Chêne, Bruyère et Eau de roche (cette dernière étant de l’eau de source).

 

 

Fin 1933, il crée un mélange, désormais célèbre sous le nom de Remède de Secours ou Rescue Remedy (RR) destiné aux personnes victimes d’un choc violent, quelle que soit la nature du traumatisme. En 1934, il part s’installer définitivement à Sotwell, petit village près de Wallingford à 15 km d’Oxford, dans une maison appelée Mount Vernon qui deviendra le Bach Center. Secondé principalement par Nora Gray Weeks, son assistante, qui sera récipiendaire testamentaire du lucratif centre, il isolera avant sa mort en novembre 1936 une panoplie de 38 essences florales, déclinées en élixirs et reliées chacune à un sous-état psychologique négatif .